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Tendance et Analyses du marché
Publié le 29/09/2026

Analyse du marché de l’électricité et du gaz naturel septembre 2026

Analyse énergie septembre 2026 : stocks de gaz européens au plus bas, prix en hausse, production électrique française abondante et perspectives avant l’hiver.
Pauline THEISSOT
Pauline THEISSOT
Tendances du marché de l'énergie

L’automne 2026 s’ouvre dans un contexte énergétique toujours marqué par les tensions géopolitiques. Entre des stocks de gaz européens insuffisamment remplis, des prix de gros en hausse et une forte volatilité de l’électricité, les marchés de septembre restent sous surveillance à l’approche de l’hiver.

Contexte international : le conflit énergétique redessine les équilibres mondiaux

La crise énergétique de 2026 modifie les équilibres du marché mondial et pousse les grandes puissances à renforcer leur sécurité énergétique, chacune selon sa stratégie.

Chine : stocks stratégiques et électrification comme amortisseurs de crise

La Chine réussit à mieux absorber les perturbations pétrolières grâce à d’importantes réserves stratégiques, estimées à environ 1,4 milliard de barils. Le pays a aussi réduit ses importations de brut et poursuit l’électrification de ses transports. Au deuxième trimestre 2026, sa consommation de pétrole a reculé sous l’effet du développement des véhicules électriques.(1)

Cette stratégie limite progressivement la dépendance chinoise aux hydrocarbures importés. La crise énergétique montre que la sécurité des approvisionnements ne repose plus seulement sur la diversification des fournisseurs, mais aussi sur la capacité à réduire sa consommation de combustibles fossiles.

États-Unis : production d’hydrocarbures et recomposition du marché mondial

Les États-Unis conservent un rôle majeur dans l’approvisionnement mondial grâce à leur production de pétrole et de gaz. L’EIA prévoit une production pétrolière moyenne de 13,8 millions de barils par jour en 2026(2), un nouveau record. Les exportations américaines de GNL contribuent également à soutenir l’offre mondiale.

L’EIA estime aussi que les flux pétroliers du Moyen-Orient devraient progressivement reprendre, mais rester inférieurs aux niveaux d’avant-conflit jusqu’au deuxième trimestre 2027. La capacité des grands producteurs à maintenir leurs volumes devient donc un élément central de la stabilité du marché mondial.

Marché européen : stocks insuffisants et flambée des prix avant l’hiver

À l’approche de la saison de chauffage, le marché européen de l’énergie reste sous tension. Les stocks de gaz accusent un retard important tandis que les prix de gros repartent fortement à la hausse.

Des stocks de gaz historiquement faibles à l’entrée de l’automne

Début septembre, les stocks européens de gaz n’étaient remplis qu’à environ 65 %, leur niveau le plus faible depuis au moins quinze ans à cette période de l’année. Le retard s’explique évidemment par les difficultés d’approvisionnement en GNL liées aux perturbations au Moyen-Orient, qui ont rendu le remplissage des réserves plus coûteux.

L’Europe aborde l’automne avec un volume de gaz disponible inférieur aux niveaux habituels. 

La concurrence entre acheteurs européens et asiatiques pour les cargaisons de GNL pourrait rester forte dans les prochains mois, alors que la demande de chauffage va progressivement augmenter. La situation ne signifie pas nécessairement un risque de pénurie physique, mais elle augmente la sensibilité du marché aux éventuels épisodes de froid ou aux nouvelles perturbations d’approvisionnement(3).

Gaz et électricité : la flambée des prix gagne le marché européen

Le TTF, référence européenne du prix du gaz, a dépassé 80 €/MWh en septembre sur les contrats à terme pour l’automne et l’hiver. Selon la BCE, les prix de gros du gaz ont augmenté de plus de 140 % sur un an, tandis que ses projections de septembre ont fortement relevé les hypothèses de prix du gaz et de l’électricité pour 2026.

La hausse du gaz ne se répercute toutefois plus aussi mécaniquement sur l’électricité qu’en 2021-2022. La progression des renouvelables réduit le recours aux centrales à gaz pour produire de l’électricité, ce qui limite leur influence sur les prix de gros(4).

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Situation en France : production électrique abondante, mais facture sous pression

En France, la situation énergétique présente un contraste marqué : le système électrique dispose de capacités de production abondantes et décarbonées, tandis que la hausse des prix du gaz commence à peser davantage sur les consommateurs.

Nucléaire et renouvelables : la France conserve un mix électrique compétitif

Le système électrique français bénéficie toujours d’un parc nucléaire pleinement disponible, auquel s’ajoute une production renouvelable en progression. Selon la CRE(5), cette abondance permet à la France de conserver des prix de l’électricité parmi les plus bas d’Europe et constitue un atout pour accélérer l’électrification des usages.

Mais cette situation crée aussi un nouveau défi : la consommation française reste relativement stable alors que les capacités de production augmentent. La CRE souligne notamment la nécessité de mieux synchroniser production et consommation, en développant l’électrification et les mécanismes de flexibilité. Cette abondance peut également favoriser les exportations lorsque la production française dépasse la demande intérieure.

Hausse du prix du gaz : quel impact pour les ménages français ?

Après les tensions observées sur les marchés européens, la hausse finit par se répercuter sur les prix de référence français. La CRE annonce une augmentation de 6,3 % TTC(6) du prix repère de vente du gaz au 1er octobre, à 182,88 €/MWh TTC, contre 172,05 €/MWh en septembre. Pour les ménages dont l’offre est indexée sur ce prix repère, cela représente en moyenne 5,28 € TTC supplémentaires sur la facture d’octobre.

Cette évolution n’est toutefois pas une répercussion immédiate des cours du mois. Pour octobre, la composante approvisionnement du prix repère repose sur les cotations observées en août. Le mécanisme crée un décalage entre les mouvements du marché de gros et leur impact sur les consommateurs.

Évolution des prix et perspectives : vers un automne sous haute surveillance

Après plusieurs mois de tensions, les marchés énergétiques abordent l’automne avec de nombreuses incertitudes. Le niveau des stocks, l’évolution du conflit au Moyen-Orient et les conditions météorologiques seront déterminants pour les prochaines semaines.

Des marchés énergétiques beaucoup plus chers qu’au printemps

Le gaz reste le principal facteur de tension sur les marchés européens. Depuis le début de l’année, les cours ont fortement progressé sous l’effet des perturbations de l’approvisionnement et du faible niveau des stocks.

L’électricité reste également très volatile. Le 24 septembre, le prix spot français est ainsi passé de 22 €/MWh à 13 heures à 268 €/MWh à 19 heures(7), soit un écart de plus de 240 €/MWh au cours de la même journée. Ces variations illustrent l’influence de la demande, de la météo et de la disponibilité des moyens de production sur les prix de gros.

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Automne et hiver 2026-2027 : les principaux risques à surveiller

Le niveau des stocks de gaz sera l’un des principaux indicateurs à suivre à l’approche de l’hiver. Avec des réserves européennes encore faibles, une période de froid prolongée pourrait accélérer les prélèvements. La situation géopolitique reste également déterminante : une nouvelle perturbation des flux pourrait provoquer une nouvelle hausse des cours.

La BCE a déjà relevé de 50 % son hypothèse de prix de gros de l’électricité pour le troisième trimestre 2026 par rapport à ses projections de juin. À l’inverse, une amélioration des approvisionnements ou une météo clémente pourrait contribuer à détendre progressivement les marchés. La Commission européenne estime d’ailleurs qu’il n’existe pas, à ce stade, de risque immédiat pour la sécurité d’approvisionnement en gaz.

En septembre 2026, les tensions internationales continuent de peser sur les marchés énergétiques. Si la France bénéficie d’une production électrique abondante, la hausse du gaz et les incertitudes sur les approvisionnements rendent les prochains mois particulièrement sensibles à la météo et à l’évolution de la situation géopolitique.